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Les routes de Compostelle en France – Volume 2, A la rencontre du patrimoine sur la Via Domitia, le Chemin d’Arles et le Chemin du Vézelay

de Jean-Yves Grégoire

Après des siècles de léthargie et presque d’oubli, les vieux Chemins de Compostelle se sont réveillés. Depuis plus de quinze années, ils répondent à un engouement qui ne se tarit pas et va même s’amplifiant. Le phénomène fascine ! II dérange aussi parce qu’il suscite des interrogations, des remises en cause de nos modes de vie contemporains. Mais pourquoi faudrait-il nécessairement aller à pied à Compostelle ? Aujourd’hui, les pèlerins vont à Rome ou à Jérusalem en utilisant tous les moyens de locomotion.
Alors, pourquoi pas Saint-Jacques ? Pour cette raison, Les Routes de Compostelle en France (volume 2) sont destinées à des pèlerins ou de simples visiteurs, mais motorisés. Cet ouvrage inventorie en détail le patrimoine au fil des étapes ; il permet aussi de profiter des merveilleux paysage des grandes voies (Domitia, Arles et Vézelay) en suivant d’aussi près que possible leurs tracés « historiques », le long des routes secondaires ou vicinales toutes proches.

L’aspect pédestre n’est pas pour autant oublié. Sur chaque itinéraire décrit, quelques étapes emblématiques du parcours ont été choisies afin que chacun ait un aperçu concret du cheminement à pied vers Saint-Jacques. Les étapes retenues sont assez courtes et praticables par des marcheurs peu entraînés. Du milieu des années 1980 à aujourd’hui, les pèlerins allant à Compostelle sont passés de quelques centaines à 180 000 par an ! La plupart d’entre eux s’y rendent à pied ; on y compte des croyants, des athées, agnostiques, hédonistes, sportifs, accros du patrimoine, branchés du new age ou du bouddhisme, etc.
Certains accomplissent le périple d’une traite, d’autres le morcèlent en raison de contingences personnelles… sachant qu’à chaque fois partir pour un si long voyage est susceptible de provoquer des transformations profondes à l’intérieur de soi. Le voyage vers Compostelle n’est jamais anodin et laisse des traces ! Fureteurs de grands espaces et curieux d’histoire, de sites, d’oeuvres bâties ou symboliques trouveront dans cet ouvrage matière à suivre l’intégralité des voies historiques ici évoquées.

Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Vézelay 3ème édition

A partir du Xe siècle, il n’est pas rare de rencontrer dans les ruelles et dans l’église de Compostelle des pèlerins flamands et allemands. Ceux-ci, venus du nord-est, utilisaient des chemins indirects jalonnés d’étapes importantes : reliques prestigieuses comme le pied-reliquaire de l’Hospice Saint-Jacques de Namur, ou sanctuaires célèbres comme la Basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. Partez, vous aussi, sur les traces des pèlerins le long de la Meuse, des forêts ardennaises, des vignobles champenois et des lacs de la forêt d’Orient.

Sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle – Via Vézelay

De bocages en pâturages, le sentier vers Saint-Jacques-de-Compostelle via Vézelay nous mène du pays nivernais puis berrichon jusqu’en Limousin, avant de nous entraîner en Périgord blanc, vert puis rouge. Une fois dépassé le pays des fraises et des pruneaux d’Agen, la course s’achève sur les coteaux du Bas-Armagnac. Un parcours sous le signe de l’abondance et de la ruralité.

Sur les nouveaux chemins de Compostelle / Patrick Huchet & Yvon Boëlle

Il y a quelques années, Patrick Huchet et Yvon Boëlle vous faisaient découvrir mille et une merveilles des voies classiques du Puy, d’Arles, de Vézelay et de Tours, dans leur ouvrage « Sur les chemins de Compostelle ». Vous avez été fort nombreux à les suivre sur ces si beaux « chemins de l’étoile ». Dans ces « Nouveaux chemins de Compostelle », ils vous invitent à les accompagner sur d’autres voies pèlerines, largement fréquentées depuis le Moyen Age, en France comme en Espagne.

En France : voie de Rocamadour, voie de Namur à La Charité-sur-Loire, voie de Cluny au Puy-en- Velay, voie du Piémont pyrénéen, voie de Genève au Puy, chemins de Saint-Jacques en pays catalan, en Bretagne… En Espagne : « Camino Primitivo » (Chemin Primitif), d’Oviedo à Santiago ; « Via de la Plata », depuis Séville ; « Camino del Norte » (Chemin du Nord ou Chemin Côtier), partant de Bayonne ; « Camino Levante » (Chemin du Levant), depuis Valence… En effet, aujourd’hui, grâce aux efforts incessants des collectivités locales et de très nombreux bénévoles, ces voies anciennes deviennent, pour notre plus grand plaisir, de « nouveaux » chemins de Compostelle.
Et, comme tout pèlerin le sait bien… le bonheur, c’est tout simplement cette marche quotidienne à l’émerveillement… Ultreïa !